un fantôme dans la machine

Eliza
Créé en 1964 par Joseph Weizenbaum, Eliza est le premier agent conversationnel de l’histoire de l’informatique. Le programme simule une conversation avec un psychothérapeute, il reformule chaque question de son interlocuteur et propose une réponse générique à partir d’un mot-clé extrait des échanges.
L’algorithme est plutôt basique, mais les effets que les dialogues provoquent entre les interlocuteurs et la machine sont redoutables.
L’être artificiel intelligent capable de rivaliser avec l’homme est un concept qui traverse l’histoire : cette idée existe dans la mythologie, les religions (le golem), dans la littérature (Frankenstein), les arts visuels et les sciences. En somme, il fait partie de notre culture. Cette projection est l’image en miroir de notre condition humaine, une création non naturelle intelligente est avant tout une façon d’interroger ce qui nous définit en tant qu’être humain.

Ces êtres de langage
Les récits où nous retrouvons la figure du robot posent très rapidement la question du rapport sensible au monde des êtres non humains : quelles sont les véritables peurs qui nous empêchent d’appréhender sereinement la présence au monde d’un être artificiel intelligent?
Le golem prend vie par le langage (le mot-vérité est écrit sur son front), il est l’incarnation de l’esprit de son créateur, son double fantasmé qui prend chair, mais muet, insensible et imperméable aux émotions.
À contrario, l’être artificiel désincarné comme HAL dans 2001 l’odyssée de l’espace est arrogante et paranoïaque : il est né par et pour le langage, son regard (l’œil caméra) et sa mémoire (les blocs de composants électroniques) sont les seuls éléments incarnés : ils sont les constituants matériels de sa présence au monde.

À partir du mois de février 2018, les étudiants de seconde année à l’École supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne ont travaillé à la conception et à la programmation d’une boite à outils logicielle. Véritable machine d’écriture, ces outils permettent d’automatiser la collecte, l’extraction, le traitement et la génération du texte, à la réalisation de la présente publication, constituant une chaîne complète de production littéraire. Chaque étudiant ou groupe d’étudiants a défini son protocole et a ensuite produit le texte correspondant.